
Disclaimer avant de débuter cet article :
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- Les informations présentées ici sont fournies à titre strictement informatif
et ne constituent en aucun cas une incitation à la consommation, à la pratique ou à la participation à des cérémonies d’ayahuasca.
- Les informations présentées ici sont fournies à titre strictement informatif
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- Je t’invite à lire mon premier article sur l’ayahuasca. Il a été conçu comme un véritable guide et contient une mine d’informations pour préparer à une cérémonie d’ayahuasca et trouver un chamane sérieux.
- J’y décris également les situations dans lesquelles cette médecine n’est pas recommandée.
Ayahuasca : ma seconde rencontre avec la plante
Me voilà de retour assise en tailleur, face à mon seau.
Deux années sont passées depuis ma première rencontre avec l’ayahuasca au Pérou.
Cette fois-ci je suis au Portugal, dans la région de l’Algarve.
Je suis venue ici pour réaliser une diète de plantes de 5 jours.
La chamane qui m’accompagnera est franco-portugaise, elle a été formée auprès des indiens Shipibo.
Ma psy est également présente (oui oui)
Elle a fait le voyage depuis le Chili pour animer un atelier sur l’interprétation des rêves selon Carl Jung.
Si tu as lu mes précédents articles sur l’ayahuasca, tu as compris que les plantes utilisent les rêves pour te délivrer des messages.
C’est donc important de pouvoir les décrypter.
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L’alliance thérapeutique entre chamane et psychologue est aujourd’hui encore assez rare mais elle est selon moi la méthode la plus efficace.
Certains pays l’utilisent déjà dans un cadre officiel, comme la Suisse avec la fondation CXIO.
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Quel est le protocole de cette diète de plantes ?
Le protocole de la semaine est différent de celui que j’ai suivi en Amazonie.
- On débute par une purge au tabac
- Suivi d’une 1ère cérémonie d’ayahuasca
- On part ensuite en diète de 5 jours avec une plante maîtresses
- Et on clôture avec une 2nde cérémonie d’ayahuasca
Pour nous aider à mieux comprendre comment les plantes travaillent ensemble, la chamane nous a donné une image parlante.
→Dans un hôpital, l’ayahuasca est le directeur.
→Le tabac est le chef de service.
→Et les plantes de diète les spécialistes (pneumologue, cardiologue etc..)
Ensemble, ces plantes forment un système de soin cohérent, vivant et intelligent, où chacune a sa place et sa fonction.
(D’où l’intérêt de faire des diètes de plantes et pas que des cérémonies d’ayahuasca – je vais vous le répéter dans tous mes articles 🙂
Purge au tabac : qu’est-ce que ça nettoie exactement ?
En Europe, tu fumes du tabac pour t’intoxiquer.
En Amazonie, tu bois du tabac pour te purifier.
Le principe d’une purge est simple, tu avales d’une traite un verre de jus de tabac (la technique pour pas le vomir immédiatement)
Puis tu bois deux litres d’eau.
Et ensuite : tu vomis.
Ça peut paraître dégueu.
Mais c’est une méthode traditionnelle de nettoyage avant de débuter une cérémonie d’ayahuasca.
Ce qu’il faut savoir, c’est que le tabac est l’une des plantes psychoactives les plus puissantes.
On l’utilise en purge pour se nettoyer :
- Sur le plan mental : le tabac évacue toutes les infos qui saturent ton esprit ( scroll sur les réseaux sociaux, médias, publicités etc)
- Sur le plan physique : il te nettoie de toutes les pollutions extérieures (résidus médicamenteux, ondes électromagnétiques, mauvaise alimentation…
- Sur le plan psychologique : il vient dégager tous ces mensonges que tu te racontes. À toi et aux autres. Il te libère également du poids de tes erreurs et de tes échecs
- Sur le plan transgénérationnel : le tabac libère les mémoires lourdes, les traumatismes, les violences et les souffrances hérités de nos ancêtres et transmis de génération en génération.
Alors bien sûr, tu ne vas pas ressortir d’une purge de tabac libéré·e de tous les poids de ta vie.
Ce n’est pas non plus une baguette magique
(tout comme l’ayahuasca)
Mais disons que faire une purge au tabac, c’est comme prendre une douche et te décrasser un peu avant d’aller rendre visite à ta grand-mère la madre ayahuasca.
Ayahuasca au Portugal : une cérémonie haute en couleurs
J’arrive à ma 1ère cérémonie d’ayahuasca mi tetraplégique – mi trop contente d’être là.
Cela fait un jour seulement que je diète l’Ajo Sacha, et cette plante me donne des douleurs terribles dans le corps.
J’entre dans la salle.
Et je me dirige vers un siège qui m’appelle.
J’y découvre avec surprise un post-it avec mon nom.
Trop bien, j’ai choisi mon siège “par hasard”.
Quelques minutes plus tard, une femme prend place à ma gauche.
Un mètre seulement nous sépare.
Et malgré ça, je ressens très fortement son champ énergétique.
→C’est une personne anxieuse
→ dans le contrôle,
→ agitée
→ et dispersée.
Alors voilà que je ressens en moi une vague d’énervement : je n’ai pas envie de l’avoir à côté de moi.
À peine installée, elle me demande de décaler mon sceau à ma droite.
Pour rappel : il est interdit de se parler lors d’une diète car ça peut créer une cruzadera (des échanges énergétiques)
Alors ça m’agace encore plus.
D’autant que d’ici 5 minutes, elle sera plongée dans le cosmos et aura totalement oublié l’existence de ce seau.
Je respire un grand coup.
Je me rappelle que l’Ajo Sacha est une plante qui peut rendre irritable. Et que les émotions sont exacerbées avec les plantes.
Je déplace mon seau en silence.
Et je bénis l’assistante de la chamane qui vient tracer des cercles de sel autour de chaque participant afin de protéger leurs champs énergétiques.
Il est 21h.
Nous sommes plongés dans le noir complet, la cérémonie peut commencer.
La chamane m’appelle.
Je me lève et vais chercher mon verre d’ayahuasca.
Je pose une intention dans ma tête.
Et j’avale d’une traite mon verre.
Le goût est fidèle à mes souvenirs : pas ouf mais pas non plus imbuvable.
Je retourne à ma place.
Et je répète en boucle mon intention :
« Montre-moi comment m’ouvrir à l’amour sous toutes ses formes.
Avec douceur. »
J’ai choisi de poser une intention qui dépasse mon histoire personnelle, quelque chose de plus vaste, de plus universel.
J’ai envie que la plante m’enseigne au-delà du petit « je ».
Vous noterez que j’ai ajouté “avec douceur” à la fin de mon intention.
Et cela va faire toute la différence (vous comprendrez pourquoi en poursuivant votre lecture)
Très vite, je ressens la présence de la médecine
Elle se faufile en moi.
C’est subtil. Calme, posé.
Mais il ne se passe rien de spécial.
Je ressens juste un changement vibratoire.
À ma gauche, c’est une autre histoire.
Ma voisine alterne entre respirations anxieuses, hurlements et geysers de vomi.
Règle numéro 1 en cérémonie : rester sans sa bulle.
Parfois on a l’impression que certains participants exagèrent, voir même qu’ils surjouent.
Mais les plantes de diète et l’Ayahuasca viennent tout exacerber et souvent on a très peu de contrôle sur ce qu’on vit.
La plante vient sortir ce qui doit l’être.
Et parfois, c’est assez intense.
Quelques heures passent …je ne ressens toujours “rien”.
Intérieurement, je me marre.
Je me rappelle comment ce vide apparent avait déclenché en moi un tsunami de désespoir lors de ma première cérémonie en Amazonie.
Si vous avez suivi le 1er épisode : vous savez qu’il se passe toujours quelque chose (même si on n’a pas l’impression)
Alors je patiente.
Quand soudain…
les ikaros s’arrêtent !
(les ikaros sont les chants de la chamane, ceux qui activent la médecine)
Je comprends qu’on arrive à la seconde partie de la cérémonie.
À ce stade, je suis assez en paix de “ne rien ressentir”.
Je me lève et je vais chercher un second verre d’ayahuasca.
Les chants reprennent.
Et les effets ne vont pas se faire attendre.
D’un coup, je ressens une ivresse m’envahir.
Ça tangue.
J’ai l’impression d’être Mowgli qui se fait hypnotiser par le serpent Kaa.

J’y suis.
L’ayahuasca me fait basculer de l’autre côté.
Les ikaros se transforment en mélodies asiatiques.
Puis des visions apparaissent.
Je me vois…enceinte !
Sur le point d’accoucher.
Puis je vois des koinobori (des poissons japonais)
Des kokeshi (des poupées de maternité)
J’ai l’impression d’être sur un tapis roulant qui avance à toute vitesse et sur lequel on me balance tout un tas d’images dans la figure.
Les visions ont toutes un point en commun : le Japon.
Je ne comprends pas bien pourquoi.
J’ai voyagé dans une cinquantaine de pays et s’il y a bien un pays qui ne m’a jamais attiré, c’est le pays du soleil levant.
Je ne cherche pas à comprendre.
La plante continue de me faire voyager et en chemin elle me partage des enseignements sur l’amour.
Elle me montre comment nous attirons à nous ce qui vibre au fond de notre coeur.
Consciemment, ou non.
Toute personne qui vient à toi, n’est qu’un reflet…de toi même.
Tes peurs. Tes blessures. Tes croyances. tes mémoires.

Ma seconde cérémonie d’ayahuasca au Portugal sera bien différente
Après cette première cérémonie, je suis retournée 5 jours en diète (je t’en parle un peu plus bas)
Puis est arrivée la seconde cérémonie d’ayahuasca…
Cette fois, l’ivresse arrive dès le 1er verre.
Je ne fais que bailler.
C’est l’un des grands signes que l’ayahuasca est à l’action.
Je pose ma nouvelle intention :
“Montre moi et libère moi de l’illusion de la peur.
Avec douceur”
Je suis alors projetée dans un monde parallèle.

La plante m’amène dans le ciel, les fonds marins, les forêts…
Voilà qu’elle me montre des abeilles, des poissons, un ours, un aigle…
C’est cool.
Mais à un moment donné je lui dis en rigolant :
“Tu comptes me présenter toute la biosphère ? C’est sympa mais est-ce qu’on pourrait revenir à mon intention stp ? ”
Et là : remise en place.
Mes deux mains tombent sur le sol, de chaque côté de mon corps.
Et mes paumes se tournent vers le ciel.
Je n’ai aucunement choisi ce geste.
Une force est venue pousser mes bras de chaque côté.
Je comprends que c’est une façon pour l’ayahuasca de me dire : accueille et écoute.
Le voyage se poursuit…
et ça part VRAIMENT dans tous les sens.
Voilà que le visage du loup apparaît au beau milieu de la salle.
Puis un indien.
Et me voilà moi…enfant.
J’ai 8 ans.
C’est le carnaval du village et je suis déguisée en Pocahontas.
L’ayahuasca a ce don de ressortir des dossiers poussiéreux des placards

Elle fouille dans les pellicules de ta vie et te balance des scènes…
Pour te faire comprendre quelque chose derrière.
Ici, elle m’explique mon lien avec les peuples indigènes.
Les Massaï, les Datoga, les Maoris… toutes ces tribus avec qui j’ai vécu des expériences marquantes.
En voyage. En couple. Dans le business.
C’est vrai que j’ai toujours eu un lieu spécial avec les peuples premiers.
Mais l’ayahuasca ne s’arrête pas là.
Voilà qu’elle me balade dans une vie antérieure pour me montrer que ce lien remonte à bien d’autres vies.
Mon mental prend le dessus et je questionne la plante : “Est-ce que tout cela est bien réel ou tu crées des histoires ?”
(On en parle peu, mais l’ayahuasca peut te balader et te raconter des histoires, il faut faire preuve de discernement)
L’Ayahuasca reste silencieuse.
Elle dépose à nouveau mes mains sur le sol.
Paumes vers le ciel.
Je comprends le message.
Ensemble, nous allons nous balader comme ça, pendant des heures dans les pellicules de ma vie pour en tirer des enseignements.
(Je ne rentre pas dans les détails, ça serait beaucoup trop long)
Au moment de prendre un second verre d’ayahuasca, j’hésite…
Et vous savez ce que la plante me dit à ce moment-là ?
“Ton intention n’était-elle pas de se libérer de l’illusion de la peur ?”

Je me lève et je vais prendre un second verre.
La chamane me demande si je ressens les effets de l’ayahuasca.
(histoire de bien doser)
Je lui dis que je ressens l’ivresse, j’ai des visions mais je n’ai pas purgé (traduction : vomir / sortir un truc de moi)
Elle me sert un verre et je retourne m’asseoir.
Et là…
C’est comme quand tu es au bar et que tu prends LE verre de trop.

Je sors du monde des fées et je bascule dans un univers bien moins lumineux.
L’ayahuasca me dit :
“A partir de maintenant, je vais te retirer tout ce qui ne t’appartient pas”.
Okayyyy…
Les ikaros n’ont plus rien d’une douce mélodie harmonieuse.
Ils viennent me chercher dans le fond de mes tripes.
Et c’est comme s’ils venaient m’arracher des petits morceaux de ventre de l’intérieur.
La plante me montre des scènes de vie de mes ancêtres.
Leurs moments de peine et de souffrance.
C’est comme si elle faisait un grand ménage du transgénérationnel.
Je lutte pour rester assise.
C’est impossible.
Il y a comme une force (celle des ikaros) qui vient m’écraser au sol.
Dès que les chants s’arrêtent, je parviens à me redresser, la douleur s’arrête.
Dès qu’ils reprennent, je m’écrase de nouveau au sol.
Ayahuasca : qu’est-ce que je tire de cette seconde expérience ?
Si vous avez suivi le récit de ma première cérémonie d’ayahuasca au Pérou, cela vous montre bien une chose : aucune cérémonie ne se ressemble.
Autant j’ai beaucoup pleuré en Amazonie, autant j’ai bien rigolé au Portugal.
(Même si la seconde partie du voyage a un peu plus secoué)
Si je te partage ici quelques extraits de mes cérémonies, c’est pour te montrer à quoi peut ressembler (ou pas) une cérémonie.
Et où la plante peut t’amener…
Ici, tu as vu que :
- L’ayahuasca peut te donner accès à la bibliothèque de tes mémoires oubliées ou refoulées (cette de cette vie ou de tes vies antérieures). J’ai revu des épisodes du film de ma vie sur grand écran, avec une voix off qui m’expliquait ce qui s’est passé à ce moment-là et l’impact que cela a aujourd’hui sur moi.
- Elle peut prendre le contrôle de ton corps. À de nombreuses reprises, l’ayahuasca a communiqué avec moi en prenant possession de mes mains. Parfois elle effectuait même des soins énergétiques sur certaines parties de mon corps.
- Tu peux avoir des conversations (en télépathie pour ma part). Je parlais à travers la pensée et je recevais les réponses de la même manière. Ce n’est pas ton mental, tu verras, la différence est très claire et nette.
- L’ayahuasca peut attirer ton attention sur un sujet : pour moi ça a été le Japon. Je n’ai toujours pas compris le sens mais je sais qu’il viendra dans le processus d’intégration. Cela peut prendre des mois, des années…il n’y a rien à chercher ni à comprendre, cela se présentera au juste moment.
Tu peux rencontrer ton animal totem et comprendre ce qu’il dit de toi (de tes forces et de tes faiblesses). Le loup m’est apparue dans toutes mes cérémonies.
Tu auras aussi remarqué que j’ai formulé mon intention en précisant : “Montre moi…
avec douceur”. C’est un conseil qu’on m’avait donné qui a fait toute la différence.
Donc si tu pars en cérémonie, ajoute ce mot magique à ton intention : la douceur. Il te permettra peut être d’être un peu moins secoué.
Maintenant, j’aimerais te parler de la diète des plantes car beaucoup les esquivent.
Alors que c’est là où (presque) tout se joue.
Rappelle-toi : les plantes de diète sont les médecins spécialistes de l’hôpital.
Elles viennent agir sur des aspects très précis de ta vie.
Et pour moi…il s’est passé quelque chose d’extrêmement libérateur lors de ces 5 jours de diète et d’isolation.
La diète de plantes maîtresses : ça consiste en quoi ?

J’aimerais vous raconter plus en détails la diète qui entoure les cérémonies d’ayahuasca.
Car c’est le travail le plus profond, le plus confrontant et le plus guérisseur.
L’objectif est de te couper un maximum de tes 5 sens.
Et de toutes les distractions du monde extérieur.
Donc tu es isolé dans une cabane.
→Tu ne peux pas parler
→Tu n’as pas de produits de beauté
→ Aucune distraction (livre, téléphone etc..)
Mais tu as quand même la possibilité de manger un bol de soupe de plantain par jour (qui n’a aucun goût)
En gros il te reste 3 sens
→ le toucher
→l’ouïe
→la vue.
Pendant 5 jours, j’ai été plongé dans la solitude et l’ennui le plus total.
Et c’est dans ce silence et cette purification que les messages de la plante peuvent émerger.
En diète, tu es seul·e…mais pas tellement.

Pour m’accompagner dans cette diète, la chamane m’a donné à boire de l’Ajo Sacha.
C’est une plante de feu qui chasse les énergies négatives et protège des influences extérieures (entités ou énergies des autres).
C’est une plante très lumineuse qui permet :
→ De développer le discernement.
Autrement dit : d’identifier ce qui vient de toi ou ce qui est apporté par un conditionnement ou une perturbation extérieure.
→ Elle t’aide à identifier ce qui est juste ou non pour toi.
→ À poser des limites et être assertif·ve.
→ Elle vient renforcer ta volonté
→ Elle met de la lumière partout où c’est sombre
Et j’ai vraiment ADORÉ diéter cette plante.
Encore aujourd’hui, l’Ajo sacha communique avec moi de 1001 façons.
Je ressens sa présence au quotidien bien plus que celle de mes plantes de diète au Pérou.
C’est comme une alliée invisible qui me guide dans mes choix et sur mon chemin.
Diète de plantes : c’est méga chiant, pourquoi se motiver à y aller ?

Qui a envie de passer 5 jours isolé dans une cabane en pleine canicule ?
Personne.
Et encore moins quand la température ambiante est de 40 degrés.
Laissez moi vous raconter…
Passé 9h du matin, impossible de rester dans ma cabane.
C’est comme être dans un sauna avec un ventilateur qui te brasse des vagues d’air chaud.
Alors je passe de longues heures allongées à l’extérieur.
J’ai jamais passé autant de temps dans un hamac, le regard dans le vide.
De toute façon, je ne peux pas trop bouger.
J’ai des douleurs partout dans mon corps et de terribles maux de tête.
Je ne savais pas mais ma plante de diète, l’Ajo Sacha peut donner des douleurs physiques et déclencher une forte sensation de mal-être.
Et bien je peux vous dire qu’elle était bien à l’action.
Côté mental, j’étais étonnamment calme.
Mais ça n’a pas duré.
Lorsque tu es plongé·e dans le silence, ton mental fait remonter tout un tas de souvenirs à la surface
Et dans le cadre d’une diète, c’est rarement tes happy memories.
Mais cette fois je ne me suis pas fait avoir.
Autant en Amazonie, je me suis fait des nœuds au cerveau.
Autant au Portugal, j’étais beaucoup plus détachée.
Un souvenir remontait à la surface :
→ J’observais — sans commenter.
→ Je ressentais — où est-ce que ça se manifeste dans mon corps ?
→ Et je laissais l’émotion me traverser, jusqu’à ce qu’elle disparaisse.
Sans y ajouter d’histoire.
(Faites le test, c’est game changer)
À ce sujet, le psychiatre Boris Cyrulnik explique que l’humain s’inflige souvent une double souffrance :
→ Le choc en lui-même,
→ Et la représentation du choc (tous ces pourquoi, ces récits intérieurs qui entretiennent la douleur)
Mais j’avoue que ça nécessite une sacrée gymnastique mentale que de ne pas tomber dans le piège des pensées et de l’identification.
De rester dans le pur ressenti.
Surtout quand, pendant des années, ton principal mécanisme de défense a été la dissociation.
Mais j’ai tenu bon.
Jusqu’au moment où mon mental m’a sorti LE DOSSIER.
Celui que j’avais enfoui tout au fond de la cave,
depuis presque dix ans,
dans un carton bien poussiéreux.
…
une agression sexuelle.
Je me suis plongée dans le ressenti et j’ai senti mon coeur se serrer très fort…
Pour s’ouvrir très grand.
What ?
Pas de colère.
Plus de tristesse.
Pas de culpabilité non plus.
J’étais…neutre.
Et là j’ai compris qu’il se passait un truc.
J’étais dans l’énergie du pardon.
ATTENTION je n’ai pas dit : accepter.
Mais pardonner.
C’est comme si je me libérais de ma propre prison.
L’Ajo Sacha était en train de nettoyer une mémoire lourde et pesante. Celle qui vous colle à la peau comme si elle faisait partie de votre identité.
Ce dossier poussiéreux a été classé.
Et c’est dorénavant un sujet neutre.
Je peux en parler sans que d’émotion forte me submerge.
Pas parce que je suis dissociée de l’événement.
Mais parce qu’il a été intégré.
S’en est suivi une libération dans toutes les cellules de mon corps.
“The body keeps the score” comme dirait ce bon vieux Bessel van der Kolk (un psychiatre qui explique le lien entre trauma et mémoire cellulaire)
Qu’est-ce que je tire de cette seconde expérience avec l’ayahuasca et la diète de plantes )

Les premières semaines qui ont suivi la diète, j’étais comme touchée par la grâce.
Je n’ai jamais ressenti un sentiment pareil.
Je ressentais un profond sentiment de gratitude et d’amour pour la vie.
Une joie qui émanait du cœur et qui irradiait tout autour de moi.
J’étais profondément heureuse. Vivante. Touchée par le divin.
Tout le monde me le disait : tu rayonnes !
Et c’est vrai que mon visage était lumineux. Lisse. Apaisé.
Je n’ai pas voulu partager tout de suite mon expérience avec l’ayahuasca.
Je suis restée assez silencieuse car c’était comme si un petit trésor à garder précieusement.
Comme si le fait d’en parler allait diluer cette si belle énergie qui m’entourait.
D’ailleurs je vous partage ce récit 7 mois après cette expérience.
C’est pour moi le temps qui a été nécessaire pour laisser la médecine s’intégrer et faire son chemin en moi.
Alors peut-être vous demandez-vous : et alors, aujourd’hui ?
Et je vais vous répondre honnêtement.
De ces trois années d’expérience avec les plantes, voici mon ressenti.
La médecine des plantes n’est pas une baguette magique.
Le travail de préparation et d’intégration est profond, exigeant, parfois inconfortable.
Certaines personnes vivent des changements de vie profond.
D’autres rien.
Pour ma part, j’ai ressenti un changement de vibration.
Ce qui fait que mes pensées ont changées.
Mon environnement.
Et mon entourage également.
Il faut être prêt à lâcher prise, à laisser partir ce qui n’a plus lieu d’être.
Parce que si tu t’accroches, tu vas en ch***
Il y aura clairement un avant et un après.
Un passage qui demande une foi et une confiance en la vie inébranlable.
En ce sens, l’ayahuasca n’est pas un chemin pour tout le monde.
Il faut avoir le cœur bien accroché.
Et avoir un ego bien placé (attention à l’ego spirituel, type “j’ai tout compris pas vous” >>> Si tu te crois supérieur aux autres, c’est que t’as rien compris Michel)
Souvent, j’ai l’impression que ce chemin spirituel ressemble à l’ascension d’une montagne.
Tu te prépares.
Tu montes en altitude (et tu sais pas trop ce que tu vas y trouver)
…
Plus tu montes, mieux tu vois.
Mais plus tu montes, et moins de personnes peuvent te suivre.
Alors tu peux te sentir un peu seul·e là haut.
Mais tu accèdes à une forme de lucidité, à une joie profonde et à une connexion au grand tout.
Là haut, tout prend sens.

