
Disclaimer avant de débuter cet article :
-
- Les informations présentées ici sont fournies à titre strictement informatif
et ne constituent en aucun cas une incitation à la consommation, à la pratique ou à la participation à des cérémonies d’ayahuasca.
- Les informations présentées ici sont fournies à titre strictement informatif
-
- Si tu n’a jamais entendu parler de l’ayahuasca, je t’invite à lire cet article en premier. (sinon tu ne vas rien comprendre à ce qui suit)
Ayahuasca : ma seconde rencontre avec la plante
Me voilà de retour assise en tailleur, face à mon seau.
Deux années sont passées depuis ma première rencontre avec l’ayahuasca au Pérou.
Cette fois-ci je suis au Portugal, dans la région de l’Algarve.
Je suis venue ici pour réaliser une diète de plantes de 5 jours.
La chamane qui m’accompagnera est franco-portugaise, elle a été formée auprès des indiens Shipibo.
Elle fait principalement des cérémonies au Portugal et parfois au Pérou, dans le centre où j’ai fait ma 1ère cérémonie d’ayahuasca.
Lors de cette retraite, elle forme un duo avec Danae (une psychothérapeute, spécialiste de la médecine des plantes)
Danae a fait le voyage depuis le Chili pour animer un atelier sur l’interprétation des rêves selon Carl Jung.
Si tu as lu mes précédents articles sur l’ayahuasca, tu sais que les plantes utilisent les rêves pour te délivrer des messages.
C’est donc important de pouvoir les décrypter.
. . .
L’alliance thérapeutique entre chamane et psychologue est aujourd’hui encore assez rare mais elle est selon moi la méthode la plus efficace.
Certains pays l’utilisent déjà dans un cadre officiel, comme la Suisse avec la fondation CXIO.
. . .
Petite aparté à ce sujet.
Pour ma part, je n’ai jamais accroché avec les psys.
À chaque fois, j’ai eu l’impression d’être limitée par leur niveau de conscience.
Et ça renforçait mon sentiment de décalage.
Quand je leur parlais de mes prémonitions et de ces petites voix qui me parlent…
Ils essayaient de rationaliser, d’expliquer, de leur trouver une cause logique.
-> Au pire, ils me prenaient pour une tarée.
-> Au mieux, ils appelaient ça de l’intuition.
J’ai longtemps cherché quelqu’un qui aurait une compréhension globale de l’humain (pas que mentale).
Et j’ai rencontré Danae.
Parfois j’ai encore besoin de me pincer pour réaliser que j’ai fait une cérémonie d’ayahuasca avec ma psy.
Et que je peux lui raconter sans filtre les transmissions que je reçois quand je parle avec les plantes.
Quel est le protocole de cette diète de plantes ?
Le protocole de la semaine est différent de celui que j’ai suivi en Amazonie.
- On débute par une purge au tabac
- Suivi d’une 1ère cérémonie d’ayahuasca
- On part ensuite en diète de 5 jours avec une plante maîtresse (donc à l’isolation dans une cabane, coupé des odeurs, du goût, de la parole et de toute distraction extérieure)
- Et on clôture avec une 2nde cérémonie d’ayahuasca
Pour nous aider à mieux comprendre comment les plantes travaillent ensemble, la chamane nous a donné cette image :
→Dans un hôpital, l’ayahuasca est le directeur.
→Le tabac est le chef de service.
→Et les plantes de diète les spécialistes (pneumologue, cardiologue etc..)
Ensemble, ces plantes forment un système de soin cohérent, vivant et intelligent, où chacune a sa place et sa fonction.
(D’où l’intérêt de faire des diètes de plantes et pas que des cérémonies d’ayahuasca – c’est le processus de guérison chamanique le plus profond)
Purge au tabac : qu’est-ce que ça nettoie exactement ?
En Europe, tu fumes du tabac pour t’intoxiquer.
En Amazonie, tu bois du tabac pour te purifier.
Le principe d’une purge est simple, tu avales d’une traite un verre de jus de tabac (la technique pour pas le vomir immédiatement)
Puis tu bois deux litres d’eau.
Et ensuite : tu vomis.
Ça peut paraître dégueu.
Mais c’est une méthode traditionnelle de purification avant de débuter une cérémonie d’ayahuasca.
Le tabac est l’une des plantes psychoactives les plus puissantes qui vient te nettoyer :
- Sur le plan mental : le tabac évacue toutes les infos qui saturent ton esprit (le scroll sur les réseaux sociaux, les médias, publicités etc)
- Sur le plan physique : il te nettoie de toutes les pollutions extérieures (résidus médicamenteux, ondes électromagnétiques, mauvaise alimentation…
- Sur le plan psychologique : il vient dégager tous ces mensonges que tu te racontes. À toi et aux autres. Il te libère également du poids de tes erreurs et de tes échecs
- Sur le plan transgénérationnel : le tabac libère les mémoires lourdes, les traumatismes, les violences et les souffrances hérités de nos ancêtres et transmis de génération en génération.
Alors bien sûr, tu ne vas pas ressortir d’une purge de tabac libéré·e délivré·e de tous les poids de ta vie.
Ce n’est pas non plus une baguette magique.
(tout comme l’ayahuasca d’ailleurs)
Mais disons que la purge au tabac, c’est comme prendre une douche et te décrasser un peu avant d’aller rendre visite à ta grand-mère la madre ayahuasca.
Ayahuasca au Portugal : une cérémonie haute en couleurs
J’arrive à ma 1ère cérémonie d’ayahuasca mi tetraplégique – mi trop contente d’être là.
Ça fait un jour seulement que je diète l’Ajo Sacha, et cette plante me donne des douleurs terribles dans tout le corps.
J’entre dans la salle.
Et je me dirige vers un siège « au hasard ».
J’y découvre avec surprise un post-it avec mon nom.
Ça commence bien.
Quelques minutes plus tard, une femme prend place à ma gauche.
Un mètre seulement nous sépare.
Et malgré ça, je ressens très fortement son champ énergétique.
→C’est une personne anxieuse
→ dans le contrôle,
→ agitée
→ et dispersée.
Je me mets à ressentir une vague d’énervement : je n’ai pas envie de l’avoir à côté de moi.
À peine installée, elle me demande de décaler mon sceau à ma droite.
Pour rappel : il est interdit de se parler lors d’une diète car ça peut créer une cruzadera (des échanges énergétiques)
Alors ça m’agace encore plus.
Surtout que dans 5 minutes, elle sera plongée dans le cosmos et aura totalement oublié l’existence de ce seau.
Alors je respire un grand coup.
Et je me rappelle que l’Ajo Sacha est une plante qui peut rendre irritable, que les émotions sont exacerbées avec les plantes.
Je déplace mon seau en silence.
Et je bénis l’assistante de la chamane qui vient tracer des cercles de sel autour de chaque participant afin de protéger leurs champs énergétiques.
Il est maintenant 21h.
Il fait nuit, la cérémonie peut débuter.
La chamane m’appelle.
Je me lève et vais chercher mon shot d’ayahuasca.
Je pose une intention dans ma tête.
Et j’avale d’une traite mon verre.
Le goût est fidèle à mes souvenirs : pas ouf mais pas non plus imbuvable.
Je retourne à ma place.
Et je répète mon intention en boucle dans ma tête :
« Montre-moi comment m’ouvrir à l’amour sous toutes ses formes.
Avec douceur. »
J’ai choisi de poser une intention qui dépasse mon histoire personnelle, quelque chose de plus vaste et plus universel.
J’ai envie que la plante m’enseigne au-delà du petit « je ».
Tu noteras que j’ai ajouté “avec douceur” à la fin de mon intention.
Et cela va faire toute la différence (tu comprendras pourquoi un peu plus bas dans cet article)
Très vite, je ressens la présence de la médecine
Elle se faufile en moi.
C’est subtil. Calme, posé.
Mais il ne se passe rien de spécial.
Je ressens juste un changement vibratoire.
À ma gauche, c’est une autre histoire.
Ma voisine alterne entre respirations anxieuses, hurlements et geysers de vomi.
Règle numéro 1 en cérémonie : rester dans sa bulle.
Parfois on a l’impression que certains participants exagèrent, voir même qu’ils surjouent.
Mais les plantes de diète et l’Ayahuasca viennent tout exacerber et souvent on a très peu de contrôle sur ce qu’on vit.
La plante vient sortir ce qui doit l’être.
Et parfois, c’est assez intense.
A plusieurs moments, la chamane se lève se son siège.
Et elle se dirige lentement vers un participant.
Je peux à peine distinguer sa silhouette dans la pénombre.
Mais je remarque qu’à chaque fois qu’elle se lève et se dirige vers quelqu’un… c’est qu’il va se passer quelque chose de « pas cool ».
Car s’en suit des cris, des pleurs, des vomissements…
C’est comme si elle percevait quelque chose dans l’invisible (une énergie ? un esprit ?) avant qu’il se manifeste dans le matériel.
Alors elle vient en soutien vers la personne.
De mon côté, les heures passent et je ne ressens toujours “rien”.
Intérieurement, je me marre.
Je me rappelle comment ce vide apparent avait déclenché en moi un tsunami de désespoir lors de ma première cérémonie en Amazonie.
Et bien là, j’en ai rien à taper.
Je patiente humblement.
Sans attente particulière (j’ai fini par apprendre ma leçon).
Si vous avez suivi le 1er épisode : vous savez qu’il se passe toujours quelque chose en cérémonie (même si on a l’impression qu’il ne se passe rien)
À un moment donné les ikaros s’arrêtent !
(les ikaros sont les chants de la chamane, ceux qui viennent activer la médecine)
Je comprends qu’on arrive à la petite pause.
Celle avant que la seconde partie de la cérémonie débute.
Il nous est possible à ce moment là de se lever pour aller prendre un second verre d’ayahuasca.
Ce que je fais.
Une fois que tout le monde a repris (ou pas) un verre, les chants de la chamane reprennent.
Et là, je peux vous dire que les effets de l’ayahuasca ne vont pas se faire attendre.
Je ressens d’un coup l’ivresse m’envahir.
Je tangue.
L’ayahuasca me fait chavirer dans une autre dimension.
J’ai l’impression d’être Mowgli en train de se faire hypnotiser par le serpent Kaa.

Et là, c’est le point de bascule.
J’entre dans un ailleurs.
Les ikaros se transforment en mélodies asiatiques.
Des visions apparaissent.
Je me vois enceinte.
Sur le point d’accoucher.
Je suis touchée car l’ayahuasca me fait ressentir cet amour que je redoute parfois de ne jamais connaître : celui d’une mère pour son enfant.
Je ne suis pas obsédée par l’idée d’avoir un enfant.
Et je fais plutôt confiance au timing divin de la vie.
Mais parfois, je me demande :
- Est-ce que je vais rencontrer la personne avec qui j’aurai envie de créer un enfant ?
- Est-ce que je vais connaître cet amour si spécial dont parle les mamans ?
Pas le temps de se poser des questions.
L’ayahuasca me change de décor.
Je suis dans un monde onirique entourée de koinobori (des poissons japonais)
Puis elle me montre des poupées kokeshi qui pleurent (ce sont des poupées que l’on offre pour porter chance, célébrer une naissance..)
Les visions ont toutes un point en commun : le Japon.

Je ne comprends pas bien pourquoi.
J’ai voyagé dans une cinquantaine de pays et s’il y a bien un pays qui ne m’a jamais attiré, c’est le pays du soleil levant.
Je ne cherche pas à comprendre.
Mon cerveau est de toute façon en incapacité de mener toute reflexion.
La plante continue de me faire voyager et en chemin elle me partage ses enseignements sur l’amour.
Je suis assez hallucinée de ce qu’elle vient me rappeler de mon histoire personnelle.
De chapitres entiers que j’ai « oublié » et qu’elle me remontre comme sur un écran de télévision.
À un moment donné, elle m’enseigne quelque chose qui m’a vraiment marqué.
L’ayahuasca me met un doigt sur la bouche pour me dire : « shttt, tes mots ont du pouvoir. Choisis les bien« .
Ça me rappelle le livre de Marshall B. Rosenberg : les mots sont des fenêtres (ou bien ce sont des murs)
Mais aussi une conversation que j’ai eu avec Jacques Martel, qui m’expliquait le pouvoir vibratoire des mots.
Selon lui, les mots sont « le miroir du coeur ».
Et il m’expliquait l’importance des mots utilisés dans la rédaction de ses livres, notamment la réédition de son célèbre « Dictionnaire des maladies »:
Après cette première cérémonie, je suis partie en diète.

La diète est le travail le plus profond (mais aussi le plus confrontant) dans le processus chamanique.
L’objectif est de te couper un maximum de tes 5 sens.
Et de toutes les distractions du monde extérieur.
Donc tu es isolé dans une cabane.
→Tu ne peux pas parler
→Tu n’as pas de produits de beauté
→ Aucune distraction (livre, téléphone etc..)
Mais tu as quand même la possibilité de manger un bol de soupe de plantain par jour (qui n’a aucun goût)
En gros il te reste 3 sens
→ le toucher
→l’ouïe
→la vue.
Pendant 5 jours, j’ai été plongé dans la solitude et l’ennui le plus total.
Et c’est dans ce silence et cette purification que les messages de la plante peuvent émerger.
Diète de plantes : ma semaine avec l’Ajo Sacha

Pour m’accompagner dans cette diète, la chamane m’a donné à boire de l’Ajo Sacha – l’ail de la forêt.
C’est une plante maîtresse symbole de lumière.
On la surnomme « la plante de la vocation » car son puissant esprit masculin agit comme un père qui te protège, te fortifie et te guide.
Elle te débarasse de ce qui ne t’es pas utile afin de déterminer ce que tu veux vraiment.
Elle permet par exemple :
→ De développer ton discernement
Qu’est-ce qui est juste pour toi (ou non)? Qu’est ce qui vient de toi ou d’un conditionnement qui t’influence ? (ta famille, la société…)
→ De poser des limites fermes et être plus assertif·ve (et ça je l’ai BIEN senti lors de l’integration)
→ De retrouver de la joie de vivre (elle chasse la négativité)
C’est plante est très efficace pour agir sur la dépression, la mélancolie, ou pour libérer des charges émotionnelles non résolues.
(Et la plante va m’aider à évacuer une sacrée charge, je t’explique un peu plus bas)
Diète de plantes : c’est méga chiant, pourquoi se motiver à y aller ?

Qui a envie de passer 5 jours isolé dans une cabane en pleine canicule ?
Personne.
Et encore moins quand la température à l’intérieur est de 40 degrés.
Autant vous dire que passé 9h du matin, impossible de rester dans ma cabane.
C’est comme être dans un sauna avec un ventilateur qui te brasse des vagues d’air chaud.
Alors je passe de longues heures allongées à l’extérieur.
J’ai jamais passé autant de temps dans un hamac, le regard dans le vide.
De toute façon, je ne peux pas trop bouger.
J’ai des douleurs partout dans mon corps et de terribles maux de tête.
Je ne savais pas mais l’Ajo Sacha peut donner des douleurs physiques et déclencher une forte sensation de mal-être.
C’est le signe qu’elle est à l’action.
Côté mental, j’étais étonnement calme.
Mais ça n’a pas duré.
Lorsque tu es plongé·e dans le silence, ton mental fait remonter tout un tas de souvenirs à la surface
Et dans le cadre d’une diète, c’est rarement tes happy memories.
Mais cette fois je ne me suis pas fait avoir.
Autant en Amazonie, je me suis fait des nœuds au cerveau.
Autant au Portugal, j’étais beaucoup plus détachée.
Un souvenir remontait à la surface :
→ J’observais — sans commenter.
→ Je ressentais — où est-ce que ça se manifeste dans mon corps ?
→ Et je laissais l’émotion me traverser, jusqu’à ce qu’elle disparaisse.
Sans y ajouter d’histoire.
(Faites le test, c’est game changer)
À ce sujet, le médecin Boris Cyrulnik explique que l’humain a tendance à s’infliger une double souffrance :
→ Le choc en lui-même,
→ Et la représentation du choc (tous ces pourquoi, ces récits intérieurs qui entretiennent la douleur)
Mais j’avoue que ça nécessite une sacrée gymnastique mentale que de ne pas tomber dans le piège des pensées et de l’identification.
De rester dans le pur ressenti.
Surtout quand, pendant des années, ton principal mécanisme de défense a été la dissociation.
Mais j’ai tenu bon.
Jusqu’au moment où la plante m’a sorti THE DOSSIER.
Une agression sexuelle.
(J’ai longtemps hésité à en parler ici sur mon blog, mais quand on sait qu’une femme sur quatre est concernée, ce partage pourra peut être aider les femmes concernées)
Je me suis plongée dans le ressenti et j’ai senti mon coeur se serrer très fort…
Toute femme concernée vous le dira : la rage que l’on ressent est immense.
Et elle est totalement saine et justifiée.
Mais il y a aussi une forme de culpabilité collante.
Le psychanaliste et thérapeute Moussa Nabati parle de « la culpabilité de la victime innocente« .
Donc voilà que l’Ajo Sacha me sort ce dossier pensé classé.
Comme pour me dire qu’il s’agirait de dégager ces émotions fantômes qui n’ont plus lieu de venir me polluer.
Ce qu’elle va faire.
Et même aller plus loin…
J’ai ressenti dans mon coeur que j’étais en train de pardonner.
ATTENTION je n’ai pas dit : accepter.
Mais pardonner pour me libérer de la colère et du désir de vengeance qui empoisonnent.
Et je peux vous dire que j’ai ressenti un sacré allégement.
J’ai eu le sentiment d’être touchée par la grâce et cela pendant des semaines et des semaines.
Aujourd’hui cette agression est un sujet neutre.
Je peux en parler sans qu’une émotion forte me submerge. Je ne ressens plus de honte, ni de culpabilité, ni même de haine envers cet agresseur.
Et ce n’est pas parce que je suis dissociée de l’événement.
J’arrive légère comme une plume à ma seconde cérémonie d’ayahusca
Je prends mon shot.
Et cette fois, l’ivresse me frappe de plein fouet.
(Pas étonnant car j’ai rien mangé depuis 5 jours)
Je suis assise à la même place.
Et je ne fais que bailler.
C’est l’un des grands signes que l’ayahuasca est à l’action.
Dans ma tête, je répète ma nouvelle intention :
“Montre moi comment se libérer de l’illusion de la peur. Avec douceur”
Pas le temps d’y aller par quatre chemins.
Je suis projetée dans un monde parallèle.

La plante m’amène dans le ciel, les fonds marins, les forêts…
Voilà qu’elle me montre des abeilles, des poissons, un ours, un aigle…
C’est cool.
Mais à un moment donné je lui dis en rigolant :
“Tu comptes me présenter toute la biosphère ? C’est sympa mais est-ce qu’on pourrait revenir à mon intention stp ? ”
Et là : remise en place.
Mes deux mains tombent sur le sol, de chaque côté de mon corps.
Et mes paumes se tournent vers le ciel.
Je n’ai aucunement choisi ce geste.
Une force est venue pousser mes bras de chaque côté.
Je comprends que c’est une façon pour l’ayahuasca de me dire : accueille et écoute.
Le voyage se poursuit…
et ça part VRAIMENT dans tous les sens.
Voilà que le visage du loup apparaît au beau milieu de la salle.
Puis un indien.
Et me voilà moi…enfant.
J’ai 8 ans.
C’est le carnaval du village et je suis déguisée en Pocahontas.
L’ayahuasca a ce don de ressortir des dossiers poussiéreux des placards

Elle fouille dans les pellicules de ta vie et te balance des scènes…
Pour te faire comprendre quelque chose derrière.
Ici, elle m’explique mon lien avec les peuples indigènes.
Les Massaï, les Datoga, les Maoris… toutes ces tribus avec qui j’ai vécu des expériences marquantes.
En voyage. En couple. Dans le business.
C’est vrai que j’ai toujours eu un lieu spécial avec les peuples indigènes.
Tellement qu’à un moment donné je voulais faire un test ADN pour voir si j’avais pas des ancêtres dans une tribu.
L’ayahuasca va venir m’éclairer sur le sujet.
Elle me montre une vie antérieure pour m’expliquer que ce lien remonte à d’autres vies.
Mon mental prend le dessus : “Est-ce que tout cela est bien réel ou tu crées des histoires ?”
(On en parle peu, mais l’ayahuasca peut te balader et te raconter des histoires, il faut faire preuve de discernement)
L’Ayahuasca reste silencieuse.
Elle dépose à nouveau mes mains sur le sol.
Paumes vers le ciel.
Je comprends le message.
Ensemble, nous allons nous balader comme ça, pendant des heures dans les pellicules de ma vie pour en tirer des enseignements.
(Je ne rentre pas dans les détails, ça serait beaucoup trop long)
Au moment de prendre un second verre d’ayahuasca, j’hésite…
Et vous savez ce que la plante me dit à ce moment-là ?
“Ton intention n’était-elle pas de se libérer de l’illusion de la peur ?”

Je me lève et je vais prendre un second verre.
La chamane me demande si je ressens les effets de l’ayahuasca.
(histoire de bien doser)
Je lui dis que je ressens l’ivresse, j’ai des visions mais je n’ai pas purgé (traduction : vomir / sortir un truc de moi)
Elle me sert un verre et je retourne m’asseoir.
Et là…
C’est comme quand tu es au bar et que tu prends LE verre de trop.

Je sors du monde des fées et je bascule dans un univers bien moins lumineux.
L’ayahuasca me dit :
“A partir de maintenant, je vais te retirer tout ce qui ne t’appartient pas”.
Okayyyy…
Les ikaros n’ont alors plus rien d’une douce mélodie harmonieuse.
Ils viennent me chercher dans le fond de mes tripes.
Et c’est comme s’ils venaient m’arracher des petits morceaux de ventre de l’intérieur.
La plante me montre des scènes de vie de mes ancêtres.
Leurs moments de peine et de souffrance.
C’est comme si elle faisait un grand ménage du transgénérationnel.
Je lutte pour rester assise.
C’est impossible.
Il y a comme une force (celle des ikaros) qui vient m’écraser au sol.
Dès que les chants s’arrêtent, je parviens à me redresser et la douleur s’arrête.
Dès qu’ils reprennent, je m’écrase à nouveau au sol.
Ayahuasca : qu’est-ce que je tire de cette seconde expérience ?
Si vous avez suivi le récit de ma première cérémonie d’ayahuasca au Pérou, cela vous montre bien une chose : aucune cérémonie ne se ressemble.
Autant j’ai beaucoup pleuré en Amazonie, autant je me suis bien amusée au Portugal.
(Même si la seconde partie du voyage a un peu plus secoué)
Si je te partage ici quelques extraits de mes cérémonies, c’est pour te montrer à quoi peut ressembler (ou pas) une cérémonie.
Et où la plante peut t’amener…
- L’ayahuasca peut te donner accès à la bibliothèque de tes mémoires oubliées ou refoulées (cette de cette vie ou de tes vies antérieures). J’ai revu des épisodes du film de ma vie sur grand écran, avec une voix off qui m’expliquait ce qui s’est passé à ce moment-là et l’impact que cela a aujourd’hui sur moi.
- Elle peut prendre le contrôle de ton corps. À de nombreuses reprises, l’ayahuasca a communiqué avec moi en prenant possession de mes mains. Parfois elle effectuait même des soins énergétiques sur certaines parties de mon corps.
- Tu peux avoir des conversations (en télépathie pour ma part). Je parlais à travers la pensée et je recevais les réponses de la même manière. Ce n’est pas ton mental, tu verras, la différence est très claire et nette.
- L’ayahuasca peut attirer ton attention sur un sujet : pour moi ça a été le Japon. Je n’ai toujours pas compris le sens mais je sais qu’il viendra dans le processus d’intégration. Cela peut prendre des mois, des années…il n’y a rien à chercher ni à comprendre, cela se présentera au juste moment.
Tu peux rencontrer ton animal totem et comprendre ce qu’il dit de toi (de tes forces et de tes faiblesses). Le loup m’est apparue dans toutes mes cérémonies.
Tu auras aussi remarqué que j’ai formulé mon intention en précisant : “Montre moi…
avec douceur”. C’est un conseil qu’on m’avait donné qui a fait toute la différence.
Donc si tu pars en cérémonie, ajoute ce mot magique à ton intention : la douceur. Il te permettra peut être d’être un peu moins secoué.
Qu’est-ce que je tire de cette seconde expérience avec l’ayahuasca et la diète de plantes )

Les premières semaines qui ont suivi la diète, j’étais comme touchée par la grâce.
Je n’ai jamais ressenti un sentiment pareil.
Je ressentais un profond sentiment de gratitude et d’amour pour la vie.
Une joie qui émanait du cœur et qui irradiait tout autour de moi.
J’étais profondément heureuse. Vivante. Touchée par le divin.
Tout le monde me le disait : tu rayonnes !
Et c’est vrai que mon visage était lumineux. Lisse. Apaisé.
Je n’ai pas voulu partager tout de suite mon expérience avec l’ayahuasca.
Je suis restée assez silencieuse car c’était comme si je gardais un petit trésor précieusement.
Et que le fait d’en parler allait diluer cette belle énergie qui m’entourait.
D’ailleurs je vous partage ce récit 7 mois après mon expérience.
C’est pour moi le temps qui a été nécessaire pour laisser la médecine s’intégrer et faire son chemin en moi.
Alors peut-être vous demandez-vous : et alors, aujourd’hui ?
Et je vais vous répondre honnêtement.
De ces trois années d’expérience avec les plantes, voici mon ressenti.
La médecine des plantes n’est pas une baguette magique.
Le travail de préparation et d’intégration est profond, exigeant, parfois inconfortable.
Certaines personnes vivent des changements de vie profond.
D’autres rien.
Pour ma part, j’ai ressenti un changement de vibration.
Ce qui fait que mes pensées ont changées.
Mon environnement.
Et mon entourage également.
Il faut être prêt à lâcher prise, à laisser partir ce qui n’a plus lieu d’être.
Parce que si tu t’accroches, tu vas en ch***
Jacques Mabit, directeur du centre Takiwasi dit que : « L’ayahuasca respecte toujours les blocages psychologiques mais elle a un travail à réaliser. Elle le fait et parfois ça secoue. Il faut être prêt à assumer et encaisser ce côté bulldozer, et faire face à la quantité d’informations reçues ».
Si tu fais confiance, il y aura clairement un avant et un après.
C’est un passage qui demande une foi et une confiance en la vie inébranlable.
En ce sens, l’ayahuasca n’est pas un chemin pour tout le monde.
Il faut avoir le cœur bien accroché.
Et avoir un ego bien placé (attention à l’ego spirituel, type “j’ai tout compris pas vous” >>> Si tu te crois supérieur aux autres, c’est que tu as encore besoin de balayer devant ta porte)
Souvent, j’ai l’impression que ce chemin spirituel ressemble à l’ascension d’une montagne.
Tu te prépares.
Tu montes en altitude (et tu sais pas trop ce que tu vas y trouver)
…
Plus tu montes, mieux tu vois.
Mais plus tu montes, et moins de personnes peuvent te suivre.
Alors tu peux te sentir un peu seul·e là haut.
Mais tu accèdes à une forme de lucidité, à une unité et une connexion au grand tout.
Là haut, tout prend sens.



merci Claire pour ce nouveau partage d’expérience après ceux de ta diète au Pérou. c’est vraiment très inspirant et ça me conforte dans l’envie d’emprunter ce chemin de transformation. Merci de démystifier et désillusionner cette médecine sur laquelle sont plaqués des apriori et des rêves. Maintenant je vais trouver la bonne occasion et le bon lieu pour débuter : j’était très attirée par le Pérou, mais finalement je vais peut être tout simplement travailler avec une amie chamane qui travaille depuis 25 ans avec cette plante et a été initiée par un maître de la forêt. merci aussi par ton retour sur la diète de plantes
Toujours aussi inspirante, j’ai adoré lire ton triptyque d’articles sur l’ayahuasca. On voit vraiment l’évolution de l’un à l’autre et comment la médecine trouve toujours son chemin d’une façon. Merci pour tes textes authentiques, ta transparence et de partager ton cheminement avec nous.
C’est fascinant de suivre l’évolution, et même si je ne suis pas trop dans ces types de médecine je dois dire que ça suscite mon intérêt.Il y a comme un nettoyage au somatique qui se fait j’ai l’impression.
Merci Claire pour ton partage tellement authentique. Ça raisonne fort en moi! Peux tu m’envoyer les informations de contactes avec les personnes au Portugal? Merci infiniment.
Merci pour ton message, je t’ai envoyé par email 🙂
Merci beaucoup pour ce beau témoignage.
C’est cash, c’est impressionnant, sans fioriture mais à mon avis c’est nécessaire étant donné la force de l’ayahuasca et des ressentis qui arrivent .
Je suis tombée par hasard sur ton blog, sur tes 2 voyages concernant l’Ayahuasca. Merci pour la découverte ! Le récit est super riche, et sachant que j’étais intéressée pour le faire, cela m’a beaucoup « rassurée » (même si cela pourrait en faire flipper plus d’un !) Je voulais savoir si tu pouvais m’indiquer le centre dans lequel tu as été au Portugal ? Un grand merci par avance
C’est vraiment super de pouvoir en apprendre d’avantage sur ce rituel. Merci beaucoup !! J’aimerais pouvoir te poser des questions ainsi que les contacts ! 🙂
Hello Chloé,
Quelles sont tes questions ? Je peux te répondre ici, elles répondront sûrement à celles d’autres personnes 🙂
Hello Claire, ton article est vraiment très inspirant. Est-ce qu’il serait possible de savoir le centre dans lequel tu es allée ? Merci d’avance
Beau témoignage
C’est possible d’avoir le nom de la chamane ?
Bonjour Claire,
je connais (notamment) l’Ayahuasca par mes lectures (et enseignement) du livre de Jérémy Narby « Le Serpent Cosmique ».
Il y 1 an encore j’affirmais à mes élèves que jamais je ne prendrais cette plante. Mais depuis 1 mois l’appel est là.
Jai contacté Takiwasi, et suis en attente de leur retour. Puis j’ai découvert tes articles (intéressants) et vu que tu avais trouvé un lieu au Portugal.
Serait-ce possible de me communiquer le lien de ce lieu (le lien de ce lieu, le lien de ce lieu) ?
Merci par avance,
Etienne
Bonjour Claire, un grand merci pour tes partages sur tes rencontres avec l’ayahuasca.
Le Pérou ne m’est pas encore accessible financièrement, je veux bien les coordonnées de ce centre au Portugal, stp.
Par ailleurs, j’aimerais beaucoup voyager comme tu le fais, mais je ne sais pas comment faire financièrement. S’il y a moyen d’en échanger un peu, ce serait avec grand plaisir.
Merci d’avance pour ta réponse.
Bonjour Claire,
Un grand merci pour tes partages sur tes rencontres avec l’ayahuasca.
Je veux bien recevoir également les coordonnées de ce centre au Portugal, stp.
Merci d’avance pour ta réponse.